La Femme douée d’ubiquité

(To read this page in English, please go here. This page updated 17 July 2017)

Inspiré par Les Sabines (1943) de Marcel Aymé, La Femme douée d’ubiquité, un opéra pour trois chanteurs, deux instruments et du son retravaillé, porte un regard féminin et critique sur “ce chaos que sont les rencontres”, activité dominée par l’obsession du classement et le swipe en série.

Les applications, plateformes et autres gadgets s’enracinent de plus en plus profondément dans nos relations amoureuses. Au fur est à mesure que se développent les options pour trouver l’amour et assouvir nos désirs, les filles se sentent sous pression et les femmes matures se comportent comme des adolescentes. Où est passé le “Girl Power” ? Est-ce finalement devenu un rôle dans le modèle masculin traditionnel?

Voici un “récit édifiant” moderne qui suit les trois parcours différents d’une femme dans le monde merveilleux du polyamour, ce qui a été rendu possible par le don d’ubiquité de notre héroïne Sabine : c’est-à-dire sa capacité à se cloner à volonté.

Natalie opte pour la sécurité – un clone temporaire lui permet de satisfaire ses désirs tout en préservant sa vie familiale : lorsqu’elle en a assez, elle se réincorpore. Aucun engagement, aucun risque.

Tara est un clone qui se rebelle et refuse de se réincorporer. Elle préfère s’engager dans une passion à l’ancienne avec Jasper, artiste conceptuel et play-boy de Tinder, mais finit par sombrer dans la co-dépendance et la souffrance.

Pandora, un clone plus jeune, opte pour le contrôle. Inspirée par les toutes dernières technologies de réalité virtuelle dans le domaine des rencontres amoureuses, elle créé de multiples clones lui servant d’avatars sexuels pour ressentir les aventures charnelles de ces derniers grâce à la bio-empathie. Nul besoin d’intimité.

Les clones, joués par des marionnettes, ne sont pas conçus comme un commentaire scientifique, mais se veulent des métaphores des technologies à la Westworld pour trouver des partenaires, telles que “Realdolls” optimisées par l’Intelligence artificelle qui sont actuellement en développement.

Furieusement effrénée et drôle, cette œuvre nous questionne (nous les femmes) sur ce que nous voulons vraiment et cherche à savoir ce qui advient de nos relations amoureuses lorsque nous préférons des expériences sexuelles virtuelles aux amours et désirs ancrés dans le monde réel.

(traduction par Amal Kebaïer)